L'inconnu de la poste

Cliquer sur les passages colorés

Elle s'appelait Catherine Burgod. Elle avait 41 ans et était la mère de deux enfants. Séparée de son premier mari, elle avait rencontré un autre homme avec qui elle attendait un enfant. elle travaillait à la "petite" poste d'un village du Haut-Bugey, Montréal-La Cluz. Elle était la fille d'un ancien directeur des services de la mairie, Raymond Burgod.

Un matin de décembre 2008, le 19, quelques jours avant Noël, elle a perdu la vie, assassinée sur son lieu de travail. Le meurtrier ou la meurtrière lui a donné 28 coups de couteau.
Chaque matin, quelques copines venaient boire le café dans la pièce de repos du petit bureau de poste. Le matin du 19, elles n'étaient pas venues  aussi tôt que d'habitude.
Le seul témoin du crime a été le petit chien de Catherine, un bichon blanc "parfumé et toiletté comme un milord".
L'enquête a commencé dès la découverte du corps. Elle a mis en cause trois personnes dont un acteur de cinéma, Gérald Thomassin, découvert par Jacques Doillon qui l'avait fait tourner en 1990 dans son film Le petit criminel. Il aurait eu un complice.
Un troisième homme a été mis en examen. Il n'était pas connu des services jusqu'à là. Mais en 2018,  il a volé une carte bancaire. Comme le veut la procédure, son ADN a été prélevée. Il s'est avéré que c'était la même que celle retrouvée autour de  Catherine Burgod.
En 2020, le 26 juin, un procès a eu lieu à la cour d'Assises de Lyon qui confirme la mise hors de cause de Gérald Thomassin et de son complice. Le troisième homme a été renvoyé seul devant les assises.
Depuis août 2019, on est sans nouvelle de l'acteur de cinéma. Il avait disparu après avoir été contrôlé dans le train qui le conduisait de Rochefort, sa résidence, à Nantes, où il devait prendre une correspondance pour Lyon. Le jour même,  il devait être entendu au tribunal de Lyon. 

La journaliste Florence Aubenas vient de sortir un livre L'inconnu de la poste.
Cet ouvrage nous parle de cette affaire et cette affaire nous parle. Il est écrit avec talent, comme un roman. On s'attache aux personnages, à leurs vies, à leurs angoisses, à leurs galères, à leurs doutes. Il n' y a pas de jugement, il n'y a pas de haine. Bien au contraire, il y a de l'empathie pour la victime et ses proches, pour les hommes soupçonnés du meurtre. Les faits sont décrits avec précision sans la froideur que l'on pourrait lire dans les rapports de police. Le livre se termine sur l'image de Raymond Burgod, un père qui,  ayant pensé pendant 12 ans avoir connu le meurtrier de sa fille en la personne de Gérald Thomassin, n'a plus de certitude et renonce à poursuivre sa quête de vérité.









Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog