N'a pu être peint que par un fou !
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Aujourd'hui, j'ai eu envie d'écrire sur l'un des tableaux célèbres d'Edvard Munch, ce peintre norvégien de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle :
"Le cri"
J'aime bien ce tableau qui peint un homme au visage difforme, dans un environnement anxiogène. Il fait frissonner. On se demande pourquoi il crie, de quoi il a peur ? On y trouve certains des "états d'âme les plus subtils" que le peintre à souhaiter exprimer dans ces tableaux notamment la mort, l'angoisse et la peur.
Certains critiques disent qu'il s'agit peut-être d'un tableau autobiographique, car dans son journal, Munch a raconté : "un jour je me promenais sur un sentier avec deux amis quand le soleil se coucha et le ciel devint comme empourpré de sang. Mes amis continuèrent. Je m'arrêtai près de la rambarde, fatigué à mourir".
Ce tableau ne plaît néanmoins pas à tout le monde. Certains experts ont affirmé qu'un détracteur aurait commis un acte de vandalisme en inscrivant au crayon noir sur la toute première des cinq versions du tableau, en haut et à gauche, la phrase suivante :
"N'a pu être peinte que par un fou".
Cette inscription, pour les experts, a donc longtemps été considérée comme un acte de vandalisme, d'autant que la phrase n'aurait été rajoutée que plusieurs années après la finalisation du tableau en 1893. Il était évidemment impensable pour eux qu'un artiste sabote une de ses propres oeuvres.
Or, il y a quelques jours, on a appris que cette inscription n'a été tracée par nul autre que Munch lui-même.
C'est un examen par thermographie infrarouge effectué récemment par le Musée national de la Norvège qui possède cette version du "Cri" et la comparaison des lettres, des mots de l'inscription avec les carnets manuscrits du peintre, qui a fait dire à la conservatrice du musée d'Oslo, Mai Britt Guleng, que "L'inscription est sans aucun doute de Munch".
La première présentation de l'oeuvre au public, en 1895, fit fuser les critiques et souleva des questions sur la santé mentale de Munch. Ces critiques le conduisirent vraisemblablement à griffonner sur le tableau. Peut-être fut-il alors pris d'un moment de folie au point d'en oublier même son geste.
Ou bien a-t-il repris les mots de la critique, du public ?
On sait aussi que l'artiste a toujours été hanté par un sentiment d'angoisse causé par la mort prématurée de ses proches, et des états dépressifs de son père, de sa mère et de sa soeur.
En tout cas, Mai Britt Guleng souligne dans son compte rendu de l'examen du tableau qu'"en écrivant cette inscription dans les nuages, il a pris possession, ou il a pris le contrôle de la façon dont il devait être perçu et compris".
Cette oeuvre, qui a été volée en 1994, le jour de l'ouverture des jeux Olympiques d'hiver de Lillehammer et qui a été retrouvée quelques mois plus tard, sera de nouveau exposée à l'occasion de l'ouverture prévue en 2022 du musée national de Norvège qui regroupera les collections de plusieurs établissements.



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