Vaccin, vous avez dit vaccin ?
Le Dr Jenner effectue sa première vaccination sur James Phipps, un garçon de 8 ans. Le 14 mai 1796 (Peinture : Ernest Board)
Message
Ça y est, c'est fait. Notre médecin généraliste nous a injecté à 11 h la première dose du vaccin.
Pas mal à la piqure.
Pas de réaction épidermique.
À suivre...
L'actualité
Certains hésitent à se faire vacciner contre la COVID. C'est certes légitime.
La peur des effets secondaires.
Les experts nous disent que ces effets ne sont pas graves.
On doit pouvoir leur faire confiance.
L'idée qu'il ne protège pas, qu'il n'empêche pas à la personne vaccinée de contaminer les autres, qu'il n'est pas efficace contre les variants.
Les experts nous disent qu'on ne sait pas encore de manière satisfaisante, mais que pour autant, se vacciner empêchera de développer des formes graves et de se retrouver hospitalisé ou en réanimation.
C'est très important.
D'autres personnes sont contre les vaccins. C'est leur choix.
Aujourd'hui vendredi, je vais être vacciné. Mon médecin me l'a proposé. Je rentre dans la bonne catégorie de Français qui peuvent l'être dès cette semaine. Le vaccin vient du laboratoire Astrazénéca. Selon le professeur Fisher, entendu hier soir lors de la conférence de presse du gouvernement, ce vaccin a eu mauvaise presse. Mais c'est injustifié.
Alors je vais chez le docteur avec confiance et avec espoir de pouvoir lutter contre le virus.
La deuxième injection est prévue douze semaines après la première. Cela garantit une meilleure efficacité. Il faudra trois semaine de plus pour être réellement protégé.
C'est un exploit scientifique. Il y a un an, on ne pouvait imaginer que des vaccins seraient prêts à être proposés.
J'ai voulu en savoir plus sur le principe de vaccination.
Un petit retour historique
La vaccination consiste à infecter faiblement une personne, par inoculation, dans le but de l’immuniser contre une forme plus grave de la maladie.
Le mot "vaccin", date de 1885. C'est Pasteur qui l'a inventé, en hommage à son confrère anglais Edward Jenner, qui avait réussi à protéger ses patients atteints de la "vaccine", une maladie des bovins due à un virus cousin de celui qui donne la variole.
Mais c'est au Moyen-Age que la Chine et l'Inde revendiquent l'invention de l'inoculation.
Une inoculation par le virus de la variole prélevé chez une personne peu malade.
Cette inoculation, appelée la "variolisation", se répand ensuite partout dans le monde.
L’aiguille est souvent utilisée. Mais en Écosse, par exemple, il fut un temps où l’on attachait un brin de laine contaminée au poignet des enfants pour tenter de les protéger.
Au XVIIIe siècle, la variole tue encore 400 000 Européens chaque année.
Et c'est en 1796, que le médecin anglais Edward Jenner inocule au fils de son jardinier âgé de 8 ans, du pus prélevé sur la main d'une paysanne ayant attrapé en trayant ses vaches, la vaccine, maladie cousine du virus de la variole.
Quelques jours plus tard, il lui fait subir une "variolisation" pour s'assurer qu'il est bien protégé. Ce qui est le cas.
C'est bien plus tard que l'on comprendra que les anticorps produits contre la vaccine protègent contre la variole, car les deux virus se ressemblent beaucoup.
En 1877, Louis Pasteur réussit à cultiver la bactérie causant le choléra chez les poulets. Mais son assistant oublie les cultures avant de partir en voyage, et les injecte seulement quelques semaines plus tard aux poulets, qui ne tombent pas malades.
Le génie de Pasteur a été de comprendre que ces bactéries avaient perdu leur virulence, et qu'une bactérie ou un virus, qu’on pourrait inactiver ferait peut-être un bon vaccin.
Pasteur trouve ainsi comment atténuer le virus de l’anthrax et celui de la rage.
Il observe que celui-ci perd sa virulence en passant d’un animal à un autre.
C'est ainsi qu'après avoir répandu la rage dans toute une série de lapins, il prélève au dernier un peu de moelle épinière qu’il injecte à 50 chiens, réussissant ainsi à les immuniser contre la rage.
En 1885, Pasteur injecte son vaccin à un garçon de neuf ans qui avait été mordu par un chien enragé, lui sauvant la vie.
En 1821, les Français Albert Calmette et Camille Guérin découvrent un vaccin contre la bactérie causant la tuberculose, isolée en 1882 par l’Allemand Robert Koch.
La tuberculose est l’infection qui a fait le plus de morts dans l’histoire de l’humanité.
Juste au cours des deux derniers siècles, elle aurait tué plus d’un milliard de personnes. Bizarrement, le BCG (pour Bacille de Calmette-Guérin) protège aussi en partie contre plusieurs virus.
En 2016, des chercheurs néerlandais comprennent pourquoi : le BCG dope l’immunité innée, qui ne dépend pas de la nature de l’agent pathogène (virus, bactérie) à combattre.
En 1926, Le Britannique Alexander Glenny découvre par hasard qu’un vaccin produit à l’aide d’un sel d’aluminium fait fabriquer plus d’anticorps à des cochons d’Inde. Il vient d’inventer les adjuvants, ajoutés depuis à de multiples vaccins pour les rendre plus efficaces et sécuritaires.
En 1979, le Chilien Pablo Valenzuela et l’Américain William Rutter réussissent à faire fabriquer la protéine antigène du virus de l’hépatite B par des levures, en leur transférant une partie de l’ADN du virus. Ils mettent ainsi au point un premier vaccin dit « recombinant ».
Depuis cette découverte, plusieurs autres techniques ont été inventées pour ne pas injecter l’agent pathogène lors de la vaccination, comme les vecteurs viraux, les particules pseudo-virales et les vaccins à ADN et à ARN.
Les vaccins en développement contre la COVID font appel à toutes les technologies existantes.
Vaccin contre la COVID
Depuis que je sais que je vais être vacciné par le produit anglais, j'ai appris que les équipes du laboratoire Oxford-AstraZeneca ont opté pour un vaccin "à vecteur viral" et utilisent comme vecteur viral un adénovirus (famille de virus très courants responsables notamment de rhumes) de chimpanzé.
Dans le détail, il s'agit d'utiliser comme support un autre virus peu virulent, transformé pour y ajouter une partie du virus responsable du Covid-19. Le virus modifié pénètre dans les cellules des personnes vaccinées, qui fabriquent alors une protéine typique du SARS-CoV-2, éduquant leur système immunitaire à le reconnaître.

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