Il y a 18 ans disparaissait Bernard Loiseau

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C'est une annonce dans la rubrique "anniversaires" du Bien Public de ce matin qui m'a rappelé qu'il y a 18 ans,  Bernard Loiseau prit la décision de quitter définitivement sa famille, ses proches, ses hôtes et tous ceux, dont je fais partie, qui aiment la bonne, la très bonne, l'excellente cuisine.
C'est en effet le 24 février 2003, que Bernard Loiseau s'est suicidé.
Il faisait beau à Saulieu ce lundi-là.  A 15 heures, le grand cuisinier quitte son restaurant. Il rentre chez lui, monte dans sa chambre pour faire la sieste. Il envoie son fils Bastien jouer dans le jardin, s'enferme à clef, se saisit de son fusil de chasse et se tire une balle dans la tête.

Certains journaux, dont l'Express, ont voulu savoir ce qui a poussé "la star des fourneaux" à se suicider le 24 février 2003. On peut encore lire l'article sur le site du journal.
On y fait le point sur ses relations avec certains journalistes, avec certains guides gastronomiques, avec certains de ses confrères jaloux. 

On en apprend un peu plus sur sa vie d'avant la célébrité.
Son envie d'être le meilleur remonte à son adolescence. En 1968, il est apprenti chez Pierre et Jean Troigros à Roanne qui décrochent à ce moment leur troisième étoile Michelin. un autre apprenti de l'époque, Guy Savoy, raconte que Bernard Loiseau lui répétait sans cesse : "Un jour, moi aussi, j'aurai trois étoiles". 
Et Jean Troisgros de répliquer, un peu méprisant, "Si toi, t'es cuisinier, moi, je me fais archevêque !"   
Cette humiliation a sans doute encouragé le jeune apprenti à donner son maximum et à le pousser dans une quête de reconnaissance.

Cependant, la peur de perdre sa troisième étoile au Michelin acquise en 1991, le passage de 19/20 à 17/20 au Gault et Millau en 2003, ses dettes contractées pour payer les travaux somptueux à Saulieu et ouvrir des restaurants à Paris, à Dijon, n'expliquent sans doute pas complètement les raisons de son geste qui ont longtemps fait l'objet de vives polémiques comme on peut le lire dans un article du Monde de 2013.

Un journaliste de France Info revient à propos de ces polémiques sur ce qu'il qualifie de "Guéguerre des hebdos", fustige "une certaine dérive journalistique consistant à toujours chercher le 'pourquoi' des choses. Avec le suicide, il faut se contentent du comment" et conclut "qu'on fiche donc la paix à feu Bernard Loiseau. La cuisine journalistique qu'on fait sur lui aujourd'hui est immangeable".

Heureusement, son épouse Dominique Loiseau et son chef Patrick Breton qui a été son élève et bras droit pendant 21 ans) lui ont succédé et continuent à faire vivre ses restaurants, avec le désir des ses trois enfants de perpétuer l'oeuvre de leur père.

Relais Bernard Loiseau (ex La Côte d'Or) à Saulieu, en Bourgogne-Franche-Comté (deux étoiles au Guide Michelin depuis 2016, ex trois étoiles).

Loiseau Rive Gauche (ex Tante Margueriterue de BourgogneParis 7e (voisin de l'Assemblée nationale).

Loiseau des Vignes à Beaune en Bourgogne-Franche-Comté (une étoile au Guide Michelin depuis 2010, voisin des hospices de Beaune).

Loiseau des Ducs à Dijon en Bourgogne-Franche-Comté (une étoile au Guide Michelindepuis 2014), et bar à vin La Part des anges.

Loiseau des Sens, à Saulieu (second restaurant « santé-plaisir », extension du Relais Bernard Loiseau), 1 assiette Michelin en 2018.


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